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Déclaration académique sur l’éthique des relations libres et fidèles entre personnes du même sexe

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Introduction

“L’enseignement moral catholique sur [l’homosexualité] sera intellectuellement marginalisé dans la mesure où il évite d’aborder les expériences des gens et les sciences humaines qui y réfléchissent.
En outre, le dialogue avec les connaissances en exégèse et en théologie morale des dernières décennies doit être tel qu’il n’empêche pas d’emblée les progrès de l’érudition et de la connaissance.”

Franz-Josef Overbeck, évêque catholique d’Essen, Allemagne, 2019

 

Les dernières décennies ont vu une augmentation remarquable de l’acceptation sociale des personnes LGBT. Un tel changement « explique pourquoi la question morale de l’homosexualité ne porte plus sur son acceptabilité, mais sur l’opposition de l’Église [catholique] à celle-ci, sur l’homophobie de l’Église [catholique] ».[1] L’enseignement papal actuel condamne fermement les actes homosexuels comme étant toujours « intrinsèquement désordonnés » (Persona Humana § 8). Cet enseignement est repris dans le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC) – le document officiel utilisé pour informer tous les catholiques des principes majeurs de leur foi – et il est réitéré par le réseau mondial des paroisses, écoles, universités catholiques, etc. Étant donné le nombre de membres de l’Église catholique, sa portée est considérable, tout comme le tort qu’il inflige aux personnes LGBT dans le monde entier. Les personnes LGBT sont toujours, à ce jour, la cible de discriminations qui se traduisent régulièrement par des abus physiques et verbaux, des discriminations en matière d’emploi, des licenciements et des morts.

L’exposé officiel actuel et le plus complet de ces arguments remonte à 1986.[2] Sa condamnation des actes homosexuels se fonde sur deux arguments principaux : la Bible les interdit ; et ils sont biologiquement stériles, et donc incapables de réaliser la « procréation », considérée comme une « finalité » nécessaire de tout acte sexuel. Par conséquent, l’enseignement papal conclut que la « tendance homosexuelle » est « objectivement désordonnée » (CEC § 2358) ; que « les actes de l’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (CEC § 2357) ; et que les « unions homosexuelles » sont préjudiciables à toutes les personnes concernées.

Ces revendications capitales sont simplement affirmées sans que l’on tente de les justifier sur la base de preuves pertinentes, malgré le fait que ces enseignements papaux eux-mêmes prétendent explicitement et de manière répétée être accessibles à la raison humaine et en accord avec les sciences naturelles.

Nous sommes maintenant dans une meilleure position qu’au moment de leur formulation pour évaluer ces revendications papales. Les sciences de la biologie, de la psychologie, de la sociologie et de la génétique ont fait des progrès significatifs dans la compréhension des causes, des buts et des conséquences de l’orientation sexuelle. La légalisation du mariage homosexuel dans de nombreux pays – y compris dans ceux où les catholiques ont une influence significative sur les affaires publiques – offre également des preuves pour évaluer les hypothèses papales sur les conséquences sociologiques des relations entre personnes de même sexe.

On peut dire la même chose des études bibliques sur les affirmations de la Bible au sujet de la signification et des buts de la sexualité humaine en général, et du comportement homosexuel en particulier. Il est significatif que les arguments bibliques en faveur de la condamnation des relations homosexuelles soient partagés par les autres grandes Églises chrétiennes, où ils jouent souvent un rôle crucial. Par exemple, c’est à cause de la Bible qu’en 2013 le Groupe de travail de la Chambre des évêques sur la sexualité humaine mis en place par l’Église d’Angleterre n’a pas pu trouver l’unanimité concernant les relations entre personnes du même sexe, dans ce qui est à ce jour l’un des rapports de recherche les plus complets sur la sexualité humaine et le mariage officiellement commandés par une Église chrétienne.[3] L’un de ses huit membres, un évêque, a refusé d’approuver les conclusions du rapport, principalement pour des raisons bibliques, qu’il a exposées dans une déclaration dissidente annexée au rapport.[4] Et la Bible apparaît une fois de plus comme le principal facteur de division dans le rapport Living in Love and Faith récemment publié par la Chambre des évêques du Synode général de l’Église d’Angleterre.[5]

Pour de nombreux responsables chrétiens, toute révision systématique de ces textes bibliques équivaudrait à mettre en doute la condamnation biblique soi-disant claire et sans équivoque des actes homosexuels. La Bible reste donc l’un des principaux obstacles à la réforme, non seulement au sein du catholicisme mais aussi pour de nombreuses autres confessions chrétiennes.

Pourtant, dans l’ensemble de la Bible, seuls cinq courts passages ont été identifiés comme pouvant faire référence à un comportement consensuel entre personnes du même sexe, les textes dits « massue » : deux versets parallèles du livre du Lévitique, et trois du Nouveau Testament, plus précisément les lettres de l’apôtre Paul. Ils ont été cités à maintes reprises dans des documents officiels de l’Église comme justification biblique de l’interdiction des relations homosexuelles.

L’influence de ces textes s’étend à la culture populaire. En 2000, The West Wing, une série télévisée populaire sur la politique américaine, a ressenti le besoin d’inclure un discours court mais puissant d’un président fictif des États-Unis critiquant l’interprétation anti-gay du Lévitique 18,22.[6] Ce discours – lui-même basé sur un e-mail très répandu – est devenu depuis un lieu commun populaire d’internet toujours largement partagé sur le web, 20 ans après sa première diffusion à la télévision.

Dans la même veine, en février 2016, Manny Pacquiao – alors député aux Philippines et star de la boxe – a suscité la controverse en publiant sur son compte Instagram une citation du Lévitique 20,13 appelant à la peine de mort pour l’homosexualité, ainsi que des citations du Lévitique 18,22 et de 1 Corinthiens 6,9. L’événement a bénéficié d’une couverture mondiale : « Le post de Pacquiao est resté en ligne pendant environ deux heures et a reçu plus de 18 000 messages d’approbation avant d’être supprimé », a rapporté le Los Angeles Times.[7] M. Pacquiao a ensuite mis en ligne un autre court message Instagram où, tout en s’excusant pour l’offense causée, a réitéré : « Je suis contre le mariage entre personnes de même sexe à cause de ce que dit la Bible ».[8] Il ne s’agissait pas non plus d’un cas isolé. En avril 2019, la star australienne de rugby-à-XV Israel Folau a écrit sur son compte Instagram, suivi par plus de 360 000 personnes, que les « homosexuels » seraient condamnés à « l’enfer » à moins qu’ils ne se « repentent ».[9] M. Folau a répondu au tollé soulevé en insistant sur le fait qu’il s’en tenait à « ce que dit la Bible ».[10] Il a finalement été licencié, mais en 48 heures le lobby chrétien australien a recueilli 2 millions de dollars australiens pour aider à financer la défense juridique de M. Folau dans le procès qui s’en est suivi.[11]

Étant donné les conséquences diverses mais très réelles que de telles interprétations bibliques peuvent avoir pour les personnes LGBT dans le monde entier, il est de plus en plus urgent de les mettre à l’épreuve. La recherche biblique a récemment produit des découvertes révolutionnaires à cet égard, dont le potentiel ne saurait être surestimé, dans la mesure où elles bouleversent l’interprétation traditionnelle des cinq textes « massue ». Elles permettent enfin de confirmer que les deux versets clés du Lévitique – et, plus généralement, toute la Bible hébraïque – n’interdisent pas, et encore moins condamnent, les relations libres et fidèles entre personnes du même sexe. Et ils permettent également un degré de confiance similaire en ce qui concerne les trois passages de l’apôtre Paul.

Il convient également de noter qu’une grande partie de ces recherches cruciales n’ont été publiées qu’au cours des deux dernières années – en effet, l’analyse la plus complète à ce jour des deux versets du Lévitique n’a été publiée qu’en mars 2020 – et qu’elles ne sont donc encore connues que dans les milieux universitaires. Elles n’ont pas encore été reprises par les responsables d’Église, les documents officiels de l’Église ou les médias.[12]

Le rapport de recherche sur lequel se fonde la déclaration académique ci-dessous donne un aperçu critique de ces études bibliques. La déclaration elle-même comprend un bref Résumé des conclusions, suivi de Recommandations. Les deux sections ont été approuvées et soutenues par tous les membres du groupe de travail éditorial du rapport, qui sont énumérés comme signataires à la fin des Recommandations.

Une troisième et dernière section est intitulée Évaluation des arguments officiels du Pape contre les relations homosexuelles. Elle offre une explication plus détaillée du Résumé des conclusions visant à aborder la position papale actuelle sur cette question. Comme le Rapport, il a été examiné par tous les signataires.

L’un des objectifs du rapport et de la déclaration académique qui l’accompagne est de contribuer à accélérer la diffusion des résultats des études bibliques ainsi que des autres disciplines concernées en les portant à l’attention de la hiérarchie catholique en général, et plus spécifiquement des institutions du Vatican concernées. De même, nous espérons que les autres Églises chrétiennes qui débattent de la moralité des relations entre personnes du même sexe les trouveront intéressantes. Dans le même temps, le rapport restera ouvert à des mises à jour si de nouveaux éléments apparaissent.

L’Équipe du Wijngaards Institute of Catholic Research, octobre 2020

1. Résumé des conclusions

[13]

1.1 Certaines personnes sont d’orientation non hétérosexuelle

L’orientation sexuelle est le degré d’attirance sexuelle d’une personne pour des personnes du sexe opposé, du même sexe ou des deux sexes. Elle se manifeste par des schémas physiologiques d’excitation sexuelle à des stimuli érotiques masculins ou féminins. À son tour, l’attirance sexuelle motive le comportement sexuel, et les deux influencent l’identité sexuelle. Il n’existe aucune preuve que les individus peuvent consciemment modifier leurs schémas d’excitation génitale pour changer leur orientation ou leur identité sexuelle.

L’orientation sexuelle est en grande partie déterminée pendant la grossesse, par des facteurs qui sont génétiques et hormonaux plutôt que sociaux. Dans une minorité significative de cas, cette orientation est non hétérosexuelle. Comme d’autres formes de non-hétérosexualité, l’homosexualité est une « variation naturelle dans la gamme de la sexualité humaine ».[14]

Comme l’orientation sexuelle est largement déterminée pendant la grossesse par des facteurs génétiques et hormonaux, elle ne résulte pas d’un libre choix. Les personnes non hétérosexuelles ne sont pas plus responsables de leur orientation sexuelle que les personnes hétérosexuelles ne le sont de la leur.

1.2. L’enseignement des papes

L’enseignement papal actuel condamne l’orientation homosexuelle comme « objectivement désordonnée », et les actes homosexuels comme toujours « intrinsèquement désordonnés » (Persona Humana § 8, Homosexualitatis Problema § 3, et Catéchisme de l’Église Catholique §2358).

L’enseignement papal fournit deux types d’arguments pour cet enseignement : aucun des deux n’est étayé par des preuves pertinentes.

1.3. L’argument biologique

Les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » parce qu’ils sont incapables de la procréation biologique, considérée comme « une finalité essentielle et indispensable » de tout acte sexuel (Persona Humana § 8, également Homosexualitatis Problema § 7, Humanae Vitae § 3, Catéchisme de l’Église Catholique §§2357, 2366).

Cependant, les sciences naturelles montrent que la grande majorité des actes hétérosexuels n’ont pas la capacité biologique de procréer, et ne peuvent donc pas avoir la procréation comme leur propre « finalité ». En cela, les « actes » non hétérosexuels ne sont pas différents de la grande majorité des « actes » hétérosexuels : dans les deux cas, ils sont biologiquement incapables de procréer.

De plus, l’enseignement papal actuel considère les relations maritales hétérosexuelles comme éthiquement légitimes même lorsqu’il n’y a pas de possibilité de procréation (Humanae Vitae § 11). De même, la théologie catholique et le droit canonique soutiennent que la capacité de procréation biologique n’est même pas nécessaire pour le mariage sacramentel : « La stérilité n’empêche ni n’annule le mariage » (Codex Iuris Canonici § 1084.3).

Les actes sexuels individuels en particulier, et le mariage en général, comportent des fins morales autres que la procréation. Les actes et relations non hétérosexuels peuvent également avoir les mêmes objectifs moraux sans viser la conception. Il est donc incorrect de les condamner comme étant « intrinsèquement mauvais » parce qu’ils sont incapables de procréer biologiquement ou qu’ils ne sont pas « ouverts […] à la transmission de la vie » (Humanae Vitae § 11, Catéchisme de l’Église Catholique §2366).

1.4. L’argument biblique

L’enseignement papal affirme que la Bible condamne l’activité sexuelle entre personnes du même sexe. Il renvoie à Genèse 19,1-29, au Lévitique 18,22 et au parallèle 20,13 dans la Bible hébraïque, et à Romains 1,26-27, 1 Corinthiens 6,9-10 et 1 Timothée 1,10 dans le Nouveau Testament.

Cependant, ces versets ne font référence qu’à des types spécifiques d’activités sexuelles masculines entre personnes du même sexe et aucun d’entre eux ne condamne les relations homosexuelles masculines en général (voir § 3 ici pour un résumé des recherches récentes).

Dans le monde habité par les auteurs bibliques, l’activité sexuelle masculine entre personnes du même sexe s’exprimait par des relations sexuelles qui étaient généralement temporaires (c’est-à-dire qui ne duraient pas toute la vie), non libres, voire exploitantes, en raison des déséquilibres d’âge, de statut et de pouvoir. Par conséquent, aucun passage biblique condamnant l’activité homosexuelle masculine n’est pertinent pour évaluer moralement les relations homosexuelles libres et fidèles entre hommes.

Il est également significatif que nulle part dans la Bible les comportements homosexuels féminins ne sont explicitement condamnés.

Enfin, nulle part dans la Bible la procréation n’est requise dans absolument chaque acte sexuel, ou dans la vie d’un couple. La Bible souligne que la sexualité humaine en général, et le mariage en particulier, ne sont pas moins destinés à la camaraderie et à l’entraide (Genèse 2, 18.24).

1.5. Conclusions

Que ce soit dans les sciences ou dans la Bible, on ne trouve aucun élément pour soutenir l’enseignement papal actuel selon lequel absolument chaque acte sexuel doit avoir une signification et une finalité procréatrice et que, par conséquent, les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » parce qu’ils sont dépourvus de signification et de finalité procréatrices.

Les critères d’évaluation morale des relations et des actes homosexuels doivent être les mêmes que ceux utilisés pour l’évaluation morale des relations et des actes hétérosexuels.

Les relations homosexuelles peuvent être aussi vivifiantes et bénies que leurs homologues hétérosexuels. Elles peuvent remplir une ou plusieurs des significations hors procréation de la sexualité humaine, notamment le plaisir, l’amour, le confort, la célébration, l’amitié et la camaraderie.

2. Recommandations

2.1. Processus de consultation officiel

Compte tenu des conséquences néfastes de l’enseignement catholique sur les personnes ayant une orientation sexuelle non hétérosexuelle, de la portée mondiale des institutions gérées par l’Église catholique et du fait que le sujet a déjà fait l’objet de recherches approfondies, nous recommandons aux autorités compétentes de l’Église catholique de mettre en place un processus de consultation officiel pour solliciter l’avis des théologiens chrétiens et d’experts dans d’autres disciplines pertinentes à propos de l’éthique des relations homosexuelles.

Quel que soit le processus de consultation adopté, les avis recueillis doivent être indépendants, représentatifs de l’opinion majoritaire des communautés universitaires concernées, et rendus publics.

En cas d’absence d’unanimité, les noms et les arguments de ceux qui sont en désaccord avec l’opinion majoritaire doivent également être rendus publics.

Le présent rapport peut être considéré comme la première étape vers le travail d’un tel processus de consultation.

2.2. Document Officiel du Magistère

Si les preuves et les arguments avancés dans le rapport du Wijngaards Institute sont approuvés par le processus de consultation, un document officiel du Magistère devrait révoquer la condamnation absolue des relations non hétérosexuelles libres, fidèles et durables, et établir les critères pour leur évaluation morale, leur accompagnement pastoral et leur célébration liturgique.

2.3. Conférences épiscopales

Indépendamment d’un document officiel du Magistère, les conférences épiscopales nationales devraient recommander aux institutions gérées par l’Église catholique de cesser immédiatement toute pratique d’emploi discriminatoire à l’égard des personnes non hétérosexuelles.

2.4. Élimination des pratiques discriminatoires

L’acceptation de Humanae Vitae et de Homosexualitatis Problema comme marque d’orthodoxie devrait être supprimée de toutes les procédures de sélection, y compris celle des évêques, des candidats à la prêtrise, et de tout le personnel des institutions catholiques.

2.5. Restitution

Dans la mesure du possible, les dommages causés à la carrière des employés des institutions catholiques et des universitaires catholiques qui ont été censurés pour s’être exprimés en faveur de la moralité des relations libres, fidèles et durables entre personnes du même sexe doivent être reconnus et corrigés.

3. Évaluation des arguments officiels du Pape contre les relations homosexuelles

Cette section offre une explication plus détaillée du « Résumé des conclusions » visant à aborder la position papale actuelle sur cette question. Comme le rapport, il a été examiné par tous les auteurs et signataires originaux.

3.1. L’argument de la « Loi naturelle » : les relations homosexuelles sont immorales parce qu’elles sont stériles [RR §2]

L’enseignement papal soutient que les relations homosexuelles sont incapables de procréation biologique, considérée comme une finalité « naturelle » et essentielle de tout acte sexuel. « L’activité homosexuelle n’est pas une union complémentaire, capable de transmettre la vie… » (Homosexualitatis Problema § 7), et donc les unions entre personnes du même sexe « ne peuvent pas contribuer de manière appropriée à la procréation et à la survie de la race humaine » (Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles §7).

Elle se fonde sur la croyance que les « lois biologiques de la conception » (Humanae Vitae § 13, voir §10) montrent que chaque acte sexuel a pour « finalité » et « signification » naturelle la procréation (Humanae Vitae §§3, 12). De cette croyance, on déduit l’exigence morale selon laquelle les couples qui ont des rapports sexuels doivent toujours être ouverts à la procréation.

Cet argument contient les erreurs suivantes.

3.2. Erreurs contenues dans l’argument de la « Loi naturelle »

3.2.1. Aucun acte sexuel n’a une « capacité » biologique indépendante de procréation, et on ne peut donc pas dire que la procréation soit toujours la finalité de l’acte [RR §4.1].

La relation de cause à effet entre l’insémination et, d’autre part, la fécondation, l’implantation et finalement la procréation, n’est pas nécessaire, mais statistique. S’il n’en était pas ainsi, chaque acte d’insémination aboutirait à une conception.

Par conséquent, la « capacité » biologique de procréation de tout acte hétérosexuel donné est relative, c’est-à-dire qu’elle dépend de la réalisation statistique de nombreuses conditions. Aucun acte de relation hétérosexuelle n’a une « capacité » biologique indépendante de procréation, et on ne peut donc pas dire que la procréation est toujours sa « finalité ».

En pratique, cela signifie que la grande majorité des actes de relations hétérosexuelles n’ont ni capacité biologique ni finalité de procréation et, à cet égard, ils sont identiques aux actes sexuels non hétérosexuels.

3.2.2. L’argument papal contredit le propos biblique sur les multiples fins de la sexualité humaine [RR §4.6].

La Bible hébraïque affirme que la finalité de la sexualité humaine comprend la camaraderie, l’entraide (Genèse 2,18.24) et le plaisir physique (Cantique des Cantiques 5,1 ; Proverbes 5,18-19).

De manière significative, la procréation n’est pas incluse dans le passage fondateur de Genèse 2,18-24. Dans Genèse 1,28, où elle est mentionnée, elle est décrite comme une bénédiction. De même, nulle part dans le Nouveau Testament, la capacité ou l’intention de procréer n’est considérée comme une condition essentielle du mariage en général ou de chaque acte sexuel en particulier.

Par conséquent, l’axiome papal selon lequel « l’ouverture à la procréation » est une exigence essentielle de chaque acte sexuel n’est pas conforme à l’enseignement biblique.

En résumé, la Bible approuve les fins morales de l’activité sexuelle autres que la procréation. L’activité sexuelle entre personnes du même sexe peut répondre à ces objectifs moraux – hors conception – de la sexualité humaine.

3.2.3. D’autres disciplines scientifiques confirment que la sexualité humaine a des objectifs importants différents de la procréation [RR §§4.3-4.4].

Le fait que la sexualité humaine comporte des fins hors conception indépendantes de la procréation et visant plutôt à renforcer les liens dans le couple est confirmé par la biologie évolutive de la reproduction humaine, la psychologie et la sociologie, entre autres disciplines.

3.2.4. Contradiction avec la théologie catholique dominante, le droit canonique et l’enseignement papal lui-même, qui ne considère pas l’infertilité comme un obstacle au mariage [RR § 4.5].

En accord avec les preuves bibliques, la théologie catholique dominante et le droit canonique soutiennent que la capacité de procréation biologique n’est pas nécessaire pour un mariage sacramentel : « La stérilité n’empêche ni ne dirime le mariage » (Codex Iuris Canonici § 1084.3).

De même, en 1951, le pape Pie XII a fait valoir que les couples hétérosexuels fertiles (mariés) pouvaient être exemptés du devoir de procréation, même pendant la durée du mariage, s’ils avaient des raisons sérieuses de nature « médicale, eugénique, économique ou sociale ».

En 1968, Paul VI a réitéré cette position et a ajouté que « ces actes [des époux] ne cessent pas d’être légitimes si, pour des causes indépendantes de la volonté des conjoints, on prévoit qu’ils seront inféconds » (Humanae Vitae § 11).

Dans un document de 2016 résumant les conclusions du Synode international des évêques, le pape François a également condamné la présentation du mariage « de telle manière que sa fin unitive, l’appel à grandir dans l’amour et l’idéal de soutien mutuel ont été occultés par un accent quasi exclusif sur le devoir de la procréation » (Amoris Laetitia § 36).

Elle a en outre observé que la « procréation » et la « maternité »[16] ne sont pas seulement des « réalité[s] exclusivement biologique[s] » (Amoris Laetitia § 178), et qu’elles « ne sont pas les seules manières de vivre la fécondité de l’amour » : cette fécondité peut également s’exprimer par l’adoption, ou simplement en contribuant à la société (Amoris Laetitia § 181). Tant les relations non hétérosexuelles que les relations hétérosexuelles sont capables de cette fécondité-là.

3.2.5. Hypothèses non fondées sur les conséquences néfastes des unions de même sexe sur les partenaires, les enfants et la société.

L’enseignement papal soutient également que les unions homosexuelles sont « nuisibles » aux partenaires eux-mêmes et au « juste développement de la société humaine » en général, et qu’elles font de la « violence » à la « croissance normale des enfants, éventuellement insérés au sein de ces unions » (Considérations concernant les propositions visant à donner une reconnaissance juridique aux unions entre personnes homosexuelles §§7-8). Ces affirmations ne sont pas étayées par les preuves psychologiques et sociologiques actuellement disponibles.

3.2.6. Conclusion.

Ce que nous savons des sciences humaines sur les multiples dimensions et significations de la sexualité humaine contredit la condamnation absolue par le Vatican de tous les actes homosexuels.[17] Le fait que les relations homosexuelles « ne sont pas en mesure d’assurer, de manière adéquate, la procréation et la survivance de l’espèce humaine » (Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles § 7) ne les rend pas intrinsèquement immorales. Les relations homosexuelles tout comme les hétérosexuelles peuvent être fructueuses au sens large : pour les partenaires, leurs enfants s’ils procréent, adoptent ou accueillent, et pour la société dans son ensemble.

3.3. Erreurs contenues dans l’interprétation par le Vatican des passages bibliques concernant le comportement homosexuel

3.3.1. Le deuxième argument papal pour interdire les activités sexuelles entre personnes du même sexe est qu’elles sont supposées être condamnées dans certains passages bibliques. Ce sont : Genèse 19,1-29, Lévitique 18,22 et parallèle 20,13 ; 1 Corinthiens 6,9-10 ; 1 Timothée 1,10 ; et Romains 1,26-27.

3.3.2. Homosexualité féminine. Tous ces versets se réfèrent uniquement au comportement homosexuel masculin: nulle part dans la Bible, le comportement homosexuel féminin n’est explicitement interdit ou condamné. Particulièrement significative est son absence dans le code sur la pureté sexuelle qui énumère les comportements sexuels illégaux des hommes et des femmes (Lévitique 18,1-30). Dans le Nouveau Testament, Romains 1,26 mentionne les « relations contre nature » des femmes, sans autre précision. Comme indiqué ci-dessous (§3.3.7), il s’agit probablement d’une référence aux femmes antédiluviennes ayant des relations sexuelles avec des êtres angéliques (Genèse 6,1-4).

3.3.3. Aucun passage biblique condamnant le comportement homosexuel des mâles n’est pertinent pour évaluer moralement des relations homosexuelles libres et fidèles. Dans le monde habité par les auteurs bibliques, le comportement homosexuel masculin s’exprimait habituellement par des relations sexuelles temporaires (c’est-à-dire qui ne duraient pas toute la vie), non libres, voire exploitantes, en raison des déséquilibres d’âge, de statut et de pouvoir. Par conséquent, aucun passage biblique condamnant le comportement homosexuel masculin n’est pertinent pour évaluer moralement les relations homosexuelles masculines libres et fidèles [RR § 5.1].

3.3.4. Genèse 19,1-29. Interpréter cet événement comme une condamnation des actes homosexuels entre hommes va à l’encontre du texte biblique. Ce passage ne décrit pas une activité sexuelle consensuelle, mais plutôt une tentative de viol collectif par les hommes de Sodome visant les invités angéliques de Lot – un « malheur » aggravé par la violation du devoir d’hospitalité (versets 7-8). Ce n’est pas non plus cet événement particulier qui a scellé le sort de Sodome : au moment où il s’est produit, Dieu avait déjà décidé de détruire Sodome et Gomorrhe au motif que tous ses habitants – femmes et hommes – s’étaient rendus coupables d’un « péché grave » indéfini ; malgré les supplications de miséricorde d’Abraham, Dieu n’a même pas pu trouver dix justes parmi eux (Genèse 18,16-33). Cela est confirmé ailleurs dans la Bible hébraïque, où la référence à la destruction de Sodome est interprétée comme une punition pour son arrogance et son indifférence envers les pauvres et les nécessiteux (Ezéchiel 16,48-50).

3.3.5. Lévitique 18,22 et parallèle 20,13. Leur interprétation traditionnelle comme condamnant toute activité homosexuelle masculine est basée sur une traduction erronée qui n’est plus défendable. L’interdiction est plutôt limitée à un type spécifique de relation homosexuelle masculine.

Il s’agit probablement de relations avec des hommes mariés (condamnées pour adultère) ou non mariés mais sous la tutelle sexuelle d’une femme de Judée (condamnées pour inceste).

Indépendamment de son objet exact, le fait que l’interdiction porte sur un type spécifique de relations homosexuelles masculines suggère que les relations homosexuelles avec des hommes n’entrant pas dans la catégorie interdite étaient considérées comme autorisées [RR § 5.3].

3.3.6. 1 Corinthiens 6,9-10 et 1 Timothée 1,10 [RR §§5.4-5.5]. Ces passages font partie de deux « listes de vices » détaillant le genre de pécheurs qui n’entreront pas au ciel.

Les deux passages contiennent le terme grec rare « arsenokoitai » (littéralement « coucheurs de mâles ») ; en 1 Corinthiens 6,9, ce terme est immédiatement précédé par le terme « malakoi » (littéralement « mauviettes » ou « efféminés »).

Le mot « arsenokoitai » est très rare, mais des recherches récentes suggèrent qu’il fait probablement référence au partenaire actif dans les relations homosexuelles entre hommes.

La signification littéraire doit être comprise dans son contexte culturel. Dans le monde gréco-romain de l’époque de Paul, les hommes socialement dominants, généralement mariés, avaient des relations sexuelles régulières avec leurs esclaves ou des prostitués, des garçons comme des hommes, et prenaient généralement le rôle actif. Leurs subordonnés n’avaient pas ou peu de choix. Dans ce contexte, la condamnation par Paul des « coucheurs de mâles » faisait probablement référence au rôle et à la responsabilité de ces hommes socialement dominants dans les relations homosexuelles masculines exploitantes et souvent adultères.

Le contexte rhétorique des deux listes de vices le confirme. Dans 1 Corinthiens 6, l’objectif de la liste est d’illustrer l’argument plus large de Paul : être chrétien exige d’agir avec justice (1 Corinthiens 6,7-8). Les « coucheurs » ne peuvent être considérés comme agissant injustement que si la référence est faite au type d’activités homosexuelles les plus courantes dans le monde gréco-romain de l’époque de Paul, qui étaient de nature exploitante [RR § 5.4].

Dans 1 Timothée 1,10, l’auteur biblique mentionne « les fornicateurs, les coucheurs-de-mâles, les marchands d’esclaves… ». Il a été noté depuis longtemps que la structure de la liste entière des vv. 9-11 semble refléter le Décalogue. Si la référence au Décalogue est intentionnelle, elle suggère que l’auteur de 1 Timothée considérait les « coucheurs-de-mâles » (ainsi que les « fornicateurs ») comme des représentants des adultères, c’est-à-dire ceux qui agissent contre le septième commandement. Par conséquent, les « coucheurs-de-mâles » visés ici sont probablement les partenaires actifs d’une relation mâle-mâle engagés ordinairement dans un mariage hétérosexuel mais qui, en raison de leur position sociale dominante, pouvaient avoir et avaient des relations sexuelles avec des esclaves ou des prostitués de sexe masculin de façon régulière. Cette hypothèse est confirmée par le fait que le terme qui suit immédiatement celui de « coucheurs de mâles » est celui de « marchands d’esclaves », qui étaient notoirement impliqués dans le commerce du sexe [RR § 5.5].

En revanche, le mot grec « malakoi », mieux traduit par « efféminés », était largement utilisé et avait un large éventail de significations désignant des hommes ayant des traits de caractère considérés comme féminins. Il pouvait être utilisé pour désigner un homme « versatile » ou « manquant de retenue ». Dans le domaine sexuel, le mot pouvait désigner aussi bien un « coureur de jupons » qu’un « pathique », c’est-à-dire le partenaire passif dans les relations homosexuelles masculines. Les traductions modernes de 1 Corinthiens 6,9 optent souvent pour ce dernier sens, ce qui en ferait le pendant de « coucheurs-de-mâles ». Ce choix d’interprétation est toutefois impossible à établir avec certitude par rapport à d’éventuelles alternatives. S’il est correct, il pourrait cependant se référer aux hommes, généralement plus jeunes et d’un statut social inférieur comme les esclaves, qui vendaient des faveurs sexuelles en échange d’argent, de patronage ou d’autres avantages sociaux.

Quelle que soit leur traduction exacte, la condamnation par Paul des « coucheurs-de-mâles » et des « efféminés » n’implique pas une condamnation des relations libres, fidèles et durables entre deux hommes.

3.3.7. Romains 1,26-27 [RR §§5.6-5.7]. Ces versets sont généralement considérés comme la condamnation la plus claire du comportement homosexuel dans le Nouveau Testament. Ils font partie d’une section plus large, Romains 1,18-2,11, dans laquelle Paul développe un argument à l’appui de sa doctrine selon laquelle tous ont péché, les païens comme les Juifs. Des recherches récentes suggèrent que les versets 26-27 font probablement référence à un topos rhétorique apocalyptique bien connu à l’époque, celui du « double jugement ». Il s’agit de deux exemples tirés de l’histoire sacrée juive de la chute humaine et des jugements divins.

  • Le verset 26 est probablement une référence non pas à l’homosexualité féminine, mais aux femmes qui ont couché avec des êtres angéliques avant le Déluge (une tradition littéraire inspirée de Genèse 6,1-4).
  • Le verset 27 est probablement une référence au comportement homosexuel spécifique des hommes de l’ancienne Sodome (une tradition littéraire inspirée par Genèse 18,16-19,29).

Interpréter Romains 1,27 comme une condamnation universelle des relations homosexuelles masculines libres, fidèles et durables, c’est lire dans le texte quelque chose qu’il ne dit pas. Une telle interprétation serait également en contradiction avec la tolérance du comportement homosexuel consensuel implicite dans l’absence d’une telle condamnation ailleurs dans la Bible.

3.3.8. Il est impossible de déterminer avec une certitude absolue si Paul et l’auteur de 1 Timothée faisaient référence à des relations consensuelles ou d’exploitation dans 1 Corinthiens 6,9-10 et 1 Timothée 1,9-10 respectivement. Ces dernières étaient de loin les plus répandues, et il est donc probable que ce soient elles l’objet de la condamnation de l’auteur biblique. De même, les indications intertextuelles suggèrent que Romains 1,26-27 est presque certainement une référence à un motif courant de double jugement de la rhétorique apocalyptique concernant les femmes antédiluviennes et les hommes de Sodome.

Dans les trois cas, l’interprétation papale selon laquelle Paul propose une condamnation normative des comportements homosexuels consensuels, non abusifs est beaucoup plus improbable et, en tout cas, tout aussi impossible à établir avec une certitude absolue.

Cette incertitude exégétique entache nécessairement toute inférence éthique ou théologique qui pourrait être tirée de ces textes. S’il n’y a pas de certitude quant au type d’actes homosexuels masculins auxquels Paul faisait référence – qu’ils soient consensuels ou abusifs – il est également impossible d’en tirer des normes éthiques : « Les doctrines théologiques et les règles éthiques ne peuvent pas être basées sur des suppositions exégétiques » [RR § 5.8].

3.3.9. Conclusion. La Bible ne contient aucune interdiction ou condamnation des relations libres, fidèles et durables entre personnes du même sexe.

Auteurs contributeurs et signataires originaux

Veuillez noter que tous les auteurs, signataires originaux et cosignataires n’ont approuvé que le “Résumé des conclusions” et les “Recommandations” (c’est-à-dire les §§1-2). Ils l’ont fait strictement à titre personnel et ne représentent pas l’opinion de leurs employeurs.

Tous les signataires et co-signataires ont également revu par des pairs l'”Evaluation des arguments officiels du Pape contre les relations homosexuelles” (c’est-à-dire le §3 ici, qui développe et est référencé par le “Résumé des conclusions”), et le rapport de recherche complet “Christian Objections to Same Sex Relationships : An Academic Assessment”, disponible ici, que la présente déclaration académique résume.

Luca Badini Confalonieri, PhD         Director of Research, Wijngaards Institute for Catholic Research, UK.

Sharon A Bong, PhD                         Associate Professor in Gender and Religious Studies, Monash University, Selangor, Malaysia.

Michael Brinkschröder, PhD            Independent New Testament scholar and sociologist.

Aloysius Lopez Cartagenas, PhD      Formerly Rector of San Carlos Seminary and professor in Theological Ethics and Catholic Social Teaching, School of Theology, Cebu City, Philippines; at present an independent scholar.

Margaret A. Farley, PhD                   Gilbert L. Stark Professor Emerita of Christian Ethics, Yale University Divinity School, USA.

Jeannine Gramick, PhD                     Sister of Loretto, Co-Founder of New Ways Ministry, Mount Rainier, Maryland, USA.

Hille Haker, PhD                                Richard McCormick Endowed Chair of Ethics, Loyola University, Chicago, USA.

Karin Heller, PhD                               Professor of Theology, Whitworth University, Westminster, Spokane WA, USA.

Michael Lawler, PhD                         Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology (Emeritus), Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Kathryn Lilla Cox, PhD                      Visiting Research Associate, Department of Theology and Religious Studies, San Diego University, USA.

Gerard Loughlin, PhD                       Professor of Theology, University of Durham, UK.

Aaron Milavec, PhD                          Vice-President Emeritus, Catherine of Siena Virtual College, Cincinnati, USA.

Stanisław Obirek, PhD                      Professor of Humanities, University of Warsaw, Poland.

Markus Patenge, PhD                       Commission for Justice and Peace of the German Catholic Episcopal Conference, Germany.

Irina Pollard, PhD                              Associate Professor of Biological Sciences, Macquarie University, Sydney, Australia.

Todd Salzman, PhD                           Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology, Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Mark S. Smith, PhD                           Helena Professor of Old Testament Literature and Exegesis, Princeton Theological Seminary, and Skirball Professor Emeritus of Bible and Ancient Near Eastern Studies, New York University.

David Stronck, PhD                           Professor (Emeritus), Department of Teacher Education, California State University, USA.

Cristina Traina, PhD                          Head Religious Studies, Northwestern University, Evanston, Illinois, USA.

John Wijngaards, PhD                      Professor Sacred Scripture (Emeritus), Missionary Institute London, UK.

Co-Signatories

Antonio Autiero, PhD                       Professor Emeritus of Moral Theology, University of Münster, Germany.

Ignace Berten OP,                             Dominican, theologian.

Jennifer G Bird, PhD                          Adjunct Assistant Professor, University of Portland, USA.

Mary C. Boys, PhD                            Skinner & McAlpin Professor of Practical Theology, Union Theological Seminary in the City of New York, USA.

Lisa Sowle Cahill, PhD                       J. Donald Monan, S.J., Professor of Theology at Boston College.

Krzysztof Charamsa, PhD                     Theologian, former official at the Congregation for the Doctrine of the Faith.

Brian Doyle, PhD                               Professor of Theology and Religious Studies, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Heather Eaton, PhD                          Professor of Conflict Studies, Saint Paul University, Ottawa, Canada.

Martin Ebner, PhD                            Professor Emeritus of New Testament Exegesis, Department of Catholic Theology, University of Bonn, Germany.

Brian P Flanagan, PhD                      Associate Professor of Theology, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Ivone Gebara, PhD                            Professor Emeritus of Philosophy and Systematic Theology, Instituto de Teologia de Recife, Brasil.

John F. Haught, PhD                         Distinguished Research Professor, Department of Theology, Georgetown University, Washington DC, USA.

Thomas Hieke, PhD                           Professor of Old Testament, Catholic Theological Faculty, University of Mainz, Germany.

Natalia Imperatori-Lee, PhD            Professor of Religious Studies, Manhattan College, New York, USA.

John Inglis, PhD                                 Professor of Philosophy, Cross-appointed to Religious Studies, University of Dayton, Dayton, Ohio, USA.

Jan Jans, PhD                                     Associate Professor Emeritus of Ethics, Tilburg University, Netherlands.

Claudia Janssen, PhD                        Professor of New Testament and Theological Gender Studies, Kirchliche Hochschule Wuppertal/Bethel, Germany.

Jennifer W Knust, PhD                      Professor of Religious Studies, Trinity College of Arts & Science, Duke University, Durham, USA.

Gerhard Kruip, PhD                          Professor of Christian Anthropology and Social Ethics, Johannes Gutenberg-Universität Mainz.

Joachim Kügler, PhD                         Professor of New Testament Studies, University of Bamberg, Germany.

Paul Lakeland, PhD                           Aloysius P. Kelley, S.J. Professor of Catholic Studies, Fairfield University, USA.

Liza B Lamis, DMin                            Executive Secretary, International Fellowship of the Least Coin.

Bernhard Lang, PhD                          Professor Emeritus of Biblical Studies, University of Paderborn, Germany.

Arche L. Ligo, MA                              Prof. of Catechetics, Institute of Formation and Religious Studies, Quezon City, Philippines.

Astrid Lobo Gajiwala, PhD               Microbiology, Medicine and Theology, Head, Tissue Bank, Tata Memorial Hospital, Mumbai, India.

John Mansford Prior SVD, PhD        Senior lecturer in inter-cultural theology, Ledalero Institute of Philosophy, Maumere, Flores, NTT, Indonesia.

Moisés Mayordomo, PhD                 Professor of New Testament, Faculty of Theology, University of Basel, Switzerland.

Marcus Mescher, PhD                       Associate Professor of Christian Ethics, Department of Theology, Xavier University, Cincinnati, Ohio, USA.

Norbert Mette, PhD                         Professor Emeritus of Practical Theology, University of Dortmund, Germany.

Jesús Peláez del Rosal, PhD              Professor Emeritus of Greek Philology, University of Cordoba, Spain.

Richard Penaskovic, PhD                  Professor Emeritus of Religious Studies at Auburn University, Auburn, Alabama, USA.

Boris Repschinski SJ, PhD                 Professor of New Testament, Institute for Biblical Studies and Historical Theology, Department of Catholic Theology, University of Innsbruck, Austria.

Susan K Roll, PhD                              Associate Professor (Emerita), Faculty of Theology, Saint Paul University, Ottawa, Canada.

Susan A Ross, PhD                             Professor of Theology Emerita, Loyola University Chicago, USA.

Virginia Ryan, PhD                            Lecturer in Catholic Ethics, College of the Holy Cross, Worcester, Massachusetts, USA.

Susanne Scholz, PhD                         Professor of Old Testament, Perkins School of Theology, Southern Methodist University, Dallas, Texas, USA.

Elisabeth Schüssler Fiorenza, PhD   Krister Stendahl Professor, Harvard Divinity School, Cambridge, Massachusetts, USA.

Vincent M. Smiles, PhD                    Professor of Theology, College of St. Benedict & St. John’s University, Minnesota, USA.

Johanna Stiebert, PhD                      Professor of Hebrew Bible, University of Leeds, UK.

Milburn Thompson,                         Ph.D. Professor Emeritus of Theology, Bellarmine University, Louisville, Kentucky, USA.

Terrence W. Tilley, PhD                    Professor Emeritus of Theology, Fordham University, USA.

Claudete Beise Ulrich, PhD              Professor of Public Theology and the Study of Religion, Faculdade Unida de Vitoria, Brazil.

Jürgen Werbick, PhD                       Professor Emeritus of Fundamental Theology, Catholic Theological Faculty, University of Münster, Germany.

Wolbert Werner, PhD                      Professor Emeritus of Catholic Theology, University of Salzburg, Germany.

Aloys Wijngaards Jr., PhD               Researcher in Theology, Ethics and Economics, Amsterdam, the Netherlands.

Kelly M. Wilson, PhD                      Adjunct Professor of Theology, University of St. Thomas, Minneapolis MN, USA.

La liste sera mise à jour à mesure que de nouveaux signataires approuveront la déclaration.

Notes

[1]  Gerard Loughlin, ‘Catholic Homophobia’, Theology 121, no. 3 (1er mai, 2018), p. 189.

[2] Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Homosexualitatis Problema : sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles (1986), ci-après HP, https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19861001_homosexual-persons_fr.html. Quelques documents mineurs publiés par la suite ne développent pas les raisons contenues dans ce document d’une évaluation morale négative de toute relation homosexuelle comme intrinsèquement immorale : Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Observations au sujet des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles, 24 juillet, 1992, ci-après Observations 1992, https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19920724_homosexual-persons_fr.html ; Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, 3 juin, 2003, ci-après Considérations 2003, http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20030731_homosexual-unions_en.html ; Congrégation pour l’Éducation Catholique, Sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l’admission au séminaire et aux Ordres sacrés, 31 août, 2005, http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccatheduc/documents/rc_con_ccatheduc_doc_20051104_istruzione_fr.html, et dans le Catéchisme de l’Église Catholique (1992, CEC). HP a également fait référence à un précédent document sur l’éthique sexuelle, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Persona Humana : Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle (1975, ci-après PH), https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19751229_persona-humana_fr.html.

[3] House of Bishops of the Church of England, Report of the House of Bishops Working Group on Human Sexuality (Londres : Church House Publishing, 2013).

[4] Keith Sinclair, “Scripture and Same Sex Relationships,” in Report of the House of Bishops Working Group on Human Sexuality, ed. House of Bishops of the Church of England (Londres : Church House Publishing, 2013), 158–72.

[5] House of Bishops of the General Synod of the Church of England, Living in Love and Faith. Christian Teaching and Learning about Identity, Sexuality, Relationships and Marriage (London: Church House Publishing, 2020), https://www.churchofengland.org/sites/default/files/2020-11/LLF%20Web%20Version%20Full%20Final.pdf. Religion Media Centre, “Living in Love and Faith,” 12 février, 2020, https://religionmediacentre.org.uk/factsheets/living-in-love-and-faith/: « L’interprétation des textes bibliques se trouve au cœur de la dispute, avec des traditionalistes qui lisent littéralement un texte qui appelle les actes homosexuels une ‘abomination’ et d’autres qui y voient un code écrit à un moment particulier de l’histoire, alors que l’idée maîtresse de l’enseignement chrétien est celle d’amour, de tolérance et de compréhension. » Immédiatement après la publication de Living in Love and Faith, « Julian Henderson, l’évêque de Blackburn et président du conseil conservateur Church of England Evangelical Council, a dit : ‘Bien que des discussions au sujet de ces questions soient toujours les bienvenues … C’est vraiment une question d’obéissance aux Écritures.’ » Harriet Sherwood, « Church of England could rethink stance on LGBTQ+ issues by 2022, » The Guardian, 9 novembre, 2020, https://www.theguardian.com/world/2020/nov/09/church-of-england-could-rethink-stance-on-lgbtq-issues-by-2022.

[6] “The Midterms”, The West Wing: Complete Season 2, 2003, DVD (diffusé initialement le 18 octobre 2000), extrait disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=DSXJzybEeJM.

[7] Chuck Schilken, “Manny Pacquiao Posts Bible Verse That States Gay People Should Be Killed,” Los Angeles Times, 18 février, 2016, sec. Sports, https://www.latimes.com/sports/la-sp-sn-manny-pacquiao-bible-instagram-20160218-story.html.

[8] Cindy Boren, “Manny Pacquiao Defends Stance on Gay Marriage with Bible Verse,” The Washington Post, 18 février, 2016, www.washingtonpost.com/news/early-lead/wp/2016/02/18/manny-pacquiao-defends-stance-on-gay-marriage-with-bible-verse/; Guardian sport, “Manny Pacquiao Provokes Storm by Calling Gay People ‘Worse than Animals,’” The Guardian, 16 février, 2016, https://www.theguardian.com/sport/2016/feb/16/manny-pacquiao-gay-people-worse-than-animals; Manny Pacquiao, Instagram, 16 février, 2016, https://www.instagram.com/p/BB2BsT7udzM/.

[9] Tacey Rychter, “Australian Rugby Star’s Contract to Be Terminated Over Anti-Gay Comments,” New York Times, 11 avril, 2019, https://www.nytimes.com/2019/04/11/world/australia/israel-folau-rugby-contract.html.

[10] “Israel Folau: Australia ends player’s contract over anti-gay message,” BBC Sport, 15 avril, 2019, https://www.bbc.co.uk/sport/rugby-union/47932231.

[11] “Israel Folau: Rugby star recoups donations in sacking row,” BBC News, 25 juin, 2019, https://www.bbc.co.uk/news/world-australia-48753566; Australian Associated Press, “Israel Folau reportedly tells Australian Christian Lobby he would ‘absolutely’ repeat anti-gay posts,” The Guardian, 19 octobre, 2019, https://www.theguardian.com/sport/2019/oct/19/israel-folau-reportedly-tells-australian-christian-lobby-he-would-absolutely-repeat-anti-gay-posts.

[12] Ces publications sont si récentes qu’elles n’ont pas pu être prises en compte dans le rapport mentionné ci-dessus, Living in Love and Faith, le rapport ecclésiastique officiel le plus complet sur ces questions, publié en novembre 2020 (mais avec des conclusions finalisées en 2019 après près de deux ans de recherches, de consultations et de dialogue), ou même par le long rapport de décembre 2019 par la Pontificia commissione biblica, Che cosa è l’uomo? Un itinerario di antropologia biblica (Cité du Vatican : Libreria Editrice Vaticana, 2019).

[13] Les numéros de paragraphe en italique entre crochets renvoient à la section pertinente du rapport de recherche, qui fournit les preuves étayant la déclaration, par ex. [RR §2].

[14] World Medical Association, “Statement on Natural Variations of Human Sexuality,” octobre 2013 ; voir aussi Dinesh Bhugra et coll., “WPA Position Statement on Gender Identity and Same-Sex Orientation, Attraction and Behaviours,” World Psychiatry 15, no. 3 (2016) : 299–300.

[15] Pie XII, “Discorso di Sua Santità Pio PP. XII alle partecipanti al congresso della Unione Cattolica Italiana Ostetriche” (29 de octubre de 1951).

[16] Ce qu’affirme Amoris Laetitia peut être appliqué à la « parentalité » en général, c’est-à-dire à la paternité comme à la maternité.

[17] Le document de travail de janvier 2020 Vivre des relations réussies de la voie synodale de l’Église catholique allemande a conclu que « les postulats normatifs de la morale sexuelle catholique actuelle contredisent les connaissances des sciences humaines sur les multiples dimensions de la signification de la sexualité humaine ». Il a en outre noté que « les relations dans lesquelles des valeurs telles que l’amour, l’amitié, la fiabilité, la fidélité et le dévouement mutuel sont vécues méritent d’être reconnues du point de vue moral ». Ces deux conclusions sont en accord avec les recherches résumées dans cette déclaration.

Photo Credit: Alicia J. Rose on Flickr